Double vie : garder un emploi salarié tout en développant ses ventes d'art
Tu te levés à six heures trente, tu prends le métro, tu passes huit heures dans un bureau, un magasin, un hôpital, une usine, une salle de classe. Tu rentrés chez toi à dix-neuf heures, tu mangés rapidement, et entre vingt heures et vingt-trois heures, tu peins. Où tu sculptes. Où tu dessinés. Le week-end, quand tu ne rattrapés pas le sommeil en retard où les corvées domestiques, tu essaies de produire suffisamment pour alimenter ta galerie en ligne, préparer un salon, répondre à une commande. Tu vis deux vies, et aucune des deux ne dispose du temps qu'elle meriterait.
Par Artedusa
••9 min de lecture01Le salariat comme filet de sécurité, pas comme ennemi
La première erreur de l'artiste salarié est de considérer son emploi comme un obstacle à sa vocation. L'emploi salarié est un filet de sécurité qui te donne quelque chose que la plupart des artistes à temps plein n'ont pas : la liberté de créer sans la pression de devoir vendre pour survivre. Cette pression, quand elle est permanente, pousse les artistes à des compromis artistiques, à produire ce qui se vend plutôt que ce qu'ils veulent créer, à accepter des commandes qu'ils détestent, à brader leurs prix pour générer du chiffre.
L'artiste Jeff Koons a travaillé comme courtier en matières premières à Wall Street pendant les années 1980 pour financer sa production artistique. Il n'a quitté la finance que lorsque ses ventes d'art ont largement dépasse son salaire. L'artiste minimaliste Sol LeWitt à travaille comme réceptionniste au Museum of Modern Art de New York avant de pouvoir vivre de son art. T.S. Eliot à travaille comme banquier chez Lloyd's à Londres tout en écrivant certains des poèmes les plus importants de la langue anglaise. Le salariat n'est pas l'antithèse de la création. Il en est parfois la condition de possibilité.
Ton emploi te donne un salaire fixe, une couverture santé, des congés payés, et souvent une stabilité psychologique que le statut d'artiste à plein temps ne procure pas. Ne le méprise pas. Utilisé-le. Et utilise aussi les congés payés comme des résidences artistiques autogérés. Cinq semaines de congés payés par an, c'est plus de temps de création que beaucoup d'artistes à temps plein réussissent à se ménager entre les obligations commerciales, les expositions et la gestion administrative.
02Organiser le temps qui reste : la méthode des blocs
Le principal défi de l'artiste salarié est la gestion du temps. Après le travail, les transports, les repas, les tâches domestiques et le sommeil minimum nécessaire pour fonctionner, il reste entre dix et vingt heures par semaine pour la création. C'est peu, mais c'est suffisant pour construire une pratique artistique sérieuse si ce temps est utilisé efficacement.
L'artiste peintre Philip Guston enseignait à plein temps et peignait la nuit pendant des années avant de pouvoir se consacrer entièrement à son art. Il ne dispersait pas ses soirées entre la création, les réseaux sociaux, la gestion administrative et la recherche d'expositions. Il faisait une seule chose à la fois. Les soirées de semaine étaient exclusivement consacrées à la création. La gestion administrative, les réponses aux emails, la mise à jour du site web, tout cela était concentre sur une plage horaire spécifique le week-end.
La méthode des blocs fonctionne ainsi : divisé ta semaine en blocs de temps dédiés. Trois ou quatre soirées de semaine sont des blocs de création. Pas de téléphone, pas de réseaux sociaux, pas de gestion. Tu entrés dans ton espace de travail et tu crées. Un bloc de deux heures le samedi matin est consacré à la gestion : réponses aux messages, mise en ligne des œuvres, préparation d'envois. Un bloc le dimanche est un temps de création plus long, trois à quatre heures, pour les projets qui demandent de la continuité. Cette structuration rigide est la seule manière de protéger ton temps de création contre les mille sollicitations qui voudraient l'envahir.
Un élément souvent négligé dans cette organisation est le temps de transition. Quand tu arrives à ton espace de travail après huit heures de bureau, tu ne peux pas créer immédiatement. Il faut un sas de décompression, un rituel qui marque le passage d'une vie à l'autre. Ce peut être aussi simple que de changer de vêtements, de mettre de la musique, de préparer ta palette pendant dix minutes. Ce rituel n'est pas du temps perdu. C'est du temps investi dans la qualité de la création qui va suivre. L'artiste Agnes Martin avait l'habitude de méditer avant de peindre, pour vider son esprit des préoccupations quotidiennes et se rendre disponible à la création.
03Le piège de l'épuisement : quand l'art devient une corvée
Le risque majeur de la double vie est l'épuisement. Tu travailles huit heures pour ton employeur et tu veux en travailler quatre de plus pour toi-même. Mathématiquement, cela ne laisse que douze heures pour le sommeil, les repas, les transports et la vie sociale. Ce rythme n'est pas tenable sur le long terme si tu ne construis pas des soupapes de décompression.
L'artiste photographe Vivian Maier à travaille comme nourrice pendant toute sa vie adulte à Chicago, photographiant compulsivement pendant ses jours de congé et ses temps libres. Elle a produit plus de cent cinquante mille photographies, dont la plupart n'ont été découvertes qu'après sa mort. Son cas est fascinant mais aussi un avertissement : elle n'a jamais partage son travail de son vivant, elle n'a jamais vendu une seule image, et elle a vécu dans l'anonymat. La production compulsive sans partage ni reconnaissance n'est pas une stratégie de carrière. C'est un mécanisme de survie psychologique.
La clef est de ne pas faire de l'art un deuxième travail épuisant. Si tu rentrés du bureau vidé et que l'idée de peindre te donne envie de pleurer, ne peins pas ce soir-la. Regarde un film, lis un livre, sors marcher. La création forcée dans l'épuisement ne produit pas de bon travail et elle finit par te dégoûter de ta propre pratique. Il vaut mieux créer trois soirs par semaine avec plaisir que cinq soirs avec ressentiment.
04Vendre sans que ton employeur le sache : la discrétion nécessaire
Si ton contrat de travail contient une clause d'exclusivité ou de non-concurrence, tu dois vérifier que ton activité artistique n'entre pas en conflit avec tes obligations contractuelles. En droit français du travail, un salarié à le droit d'exercer une activité secondaire en dehors de ses heures de travail, sauf si cette activité est en concurrence directe avec celle de son employeur ou si le contrat contient une clause spécifique l'interdisant. La création et la vente d'art entrent rarement en concurrence avec une activité salariee classique, sauf si tu travailles déjà dans le secteur culturel ou artistique.
En pratique, beaucoup d'artistes salariés préfèrent la discrétion. Ils ne parlent pas de leur activité artistique à leurs collègues ou à leur hiérarchie, non pas parce que c'est interdit, mais parce que cela peut générer des malentendus. Un supérieur qui découvre que tu vends des tableaux le soir peut interpréter cela comme un manque d'engagement dans ton travail salarié, même si les deux activités n'ont aucun lien. La discrétion est une stratégie pragmatique, pas une honte.
05Le moment de la transition : quand quitter le salariat
La question du moment où quitter ton emploi pour te consacrer à l'art à temps plein revient régulièrement. Il n'y a pas de réponse universelle, mais il y a des indicateurs fiables. Le premier est financier : quand tes revenus artistiques couvrent au moins cinquante pour cent de tes dépenses fixes pendant au moins douze mois consécutifs, tu es dans une zone où la transition devient envisageable. Le deuxième est la demande : quand tu refuses des commandes ou des opportunités parce que tu n'as pas le temps de les honorer, c'est que ton activité artistique a atteint un niveau où elle meriterait plus de temps. Le troisième est psychologique : quand la frustration de ne pas pouvoir créer suffisamment dépasse le confort de la sécurité salariale, le coût psychologique du salariat est devenu supérieur à son bénéfice.
L'artiste Agnes Martin a travaillé comme enseignante et à exerce divers emplois avant de se consacrer entièrement à la peinture à un âge relativement avance. Le sculpteur Richard Serra a travaillé dans les aciéries avant de se consacrer à la sculpture. Aucun de ces artistes n'a quitté son emploi sur un coup de tête. Ils ont attendu que leur pratique artistique ait atteint un niveau de maturité et de reconnaissance suffisant pour supporter la transition.
Si tu n'es pas encore à ce stade, ne culpabilise pas. Le salariat n'est pas un échec. C'est une étape, et pendant cette étape, chaque œuvre que tu crées, chaque vente que tu réalisés, chaque exposition à laquelle tu participes te rapproche du moment où la transition sera possible. Et si la transition ne vient jamais, si tu choisis de garder ton emploi parce que la sécurité qu'il procure te permet de créer librement sans pression commerciale, ce n'est pas un échec non plus. C'est un choix délibéré que de nombreux artistes de grande valeur ont fait avant toi.
06La présentation en ligne : professionnelle même à temps partiel
Le fait que tu sois artiste à temps partiel ne doit pas transparaître dans ta présentation en ligne. Ton site web, ta galerie en ligne, tes réseaux sociaux doivent avoir la même qualité de présentation qu'un artiste à temps plein. Des photographies professionnelles de tes oeuvres, une biographie soignée, une déclaration de démarche claire, des prix cohérents. Le collectionneur qui découvre ton travail en ligne ne sait pas et n'a pas besoin de savoir que tu peins entre vingt heures et vingt-trois heures après une journée de bureau. Il voit une œuvre, il là juge sur ses mérites, et il décide d'acheter ou non.
L'artiste peintre du dimanche Henri Rousseau ne signalait pas dans ses œuvres qu'il était douanier. Ses tableaux étaient présentes comme des œuvres d'art, point final. La même logique s'applique à toi : ton travail parle pour lui-même, et les circonstances de sa création ne regardent que toi.
07Artedusa : une galerie en ligne pour l'artiste qui n'a pas encore quitte son emploi
Artedusa est conçu pour les artistes indépendants à toutes les étapes de leur carrière, y compris ceux qui sont encore salariés et qui construisent leur pratique artistique en parallèle. La plateforme ne demande pas de justifier d'un statut professionnel d'artiste à temps plein. Elle demande du travail de qualité, une démarche cohérente et l'envie de rencontrer des collectionneurs. Tu publies tes œuvres quand elles sont prêtes, tu gères tes ventes à ton rythme, et tu construis progressivement la base de collectionneurs qui, un jour peut-être, te permettra de faire de l'art ton unique activité. Présente ton travail sur artedusa.com.
Chaque œuvre trouve son collectionneur
Téléchargez votre portfolio, connectez-vous avec des galeries qui vous correspondent et atteignez les collectionneurs du monde entier.
Postuler