La galerie invisible : ne pas être en ligne coûte plus cher qu'y être
Il est tentant de considérer l'absence de présence en ligne comme une économie. Pas de site à maintenir, pas d'abonnement à une plateforme, pas de temps consacré à la mise à jour de contenus numériques. En apparence, la galerie qui reste exclusivement physique économisé de l'argent. En réalité, elle en perd. Le coût de l'invisibilité en ligne est un coût d'opportunité considérable : il se mesure en collectionneurs jamais atteints, en ventes jamais réalisées, en artistes qui quittent la galerie pour en rejoindre une qui leur offre une visibilité que la vôtre ne peut plus leur garantir. Ce coût est d'autant plus pernicieux qu'il ne se voit pas : il n'apparaît sur aucune facture, sur aucun relève bancaire. Mais il érode la galerie de l'intérieur, année après année, silencieusement.
Par Artedusa
••8 min de lecture01Le coût d'opportunité : une notion que les galeries sous-estiment
Le coût d'opportunité, en économie, désigne ce que l'on perd en ne choisissant pas une alternative. Pour une galerie, le coût d'opportunité de l'absence en ligne se calcule ainsi : combien de collectionneurs auraient découvert vos artistes si la galerie avait été présenté en ligne ? Combien d'entre eux auraient visite la galerie ? Combien auraient acheté ? Ces questions n'ont pas de réponse précise, mais les tendances du marché permettent d'en estimer l'ordre de grandeur, et cet ordre de grandeur est significatif.
Le rapport Art Basel et UBS sur le marché mondial de l'art documente une réalité qui rend ce calcul implacable : une part croissante des collectionneurs découvrent désormais les artistes et les galeries exclusivement en ligne avant de décider de se déplacer. Le collectionneur qui ne vous trouve pas en ligne ne conclut pas que vous êtes trop prestigieux pour être en ligne. Il conclut que vous n'existez pas. Et il acheté chez votre concurrent qui, lui, a pris la peine d'être visible.
Cette invisibilité à un coût direct et mesurable. Si votre galerie réalise 200 000 euros de ventes annuelles grâce à son réseau physique, et que les galeries comparables dotées d'une présence en ligne réalisent entre 250 000 et 350 000 euros, la différence représente le coût réel de votre absence numérique. Ce n'est pas un coût qui apparaît sur un relevé bancaire, mais c'est un manque à gagner qui, année après année, affaiblit la viabilité économique de la galerie. Sur cinq ans, ce manque à gagner cumule peut représenter l'équivalent de plusieurs années de loyer.
02Les collectionneurs que vous ne touchez pas
Le collectionneur contemporain fonctionne selon un parcours d'achat qui commence presque systématiquement en ligne. Les enquêtes Hiscox sur le marché de l'art en ligne montrent que la grande majorité des collectionneurs utilisent Internet comme premier outil de recherche. Ils cherchent des artistes, des styles, des galeries. Ils comparent, sélectionnent, préparent leur visite. Ce comportement n'est pas limité à une génération : les collectionneurs de tous âges, y compris les plus expérimentés, intègrent désormais le numérique dans leur processus de découverte.
Pour une galerie absente de ce parcours, la conséquence est mécanique. Le collectionneur de Genève qui cherche des galeries spécialisées en photographie contemporaine ne trouvera pas là vôtre. L'amateur d'art de Milan qui découvre un courant artistique et cherche des galeries qui en représentent les artistes ne tombera pas sur votre programmation. Le jeune collectionneur parisien qui commence à acheter de l'art ne vous découvrira pas, même si votre galerie se trouve à trois rues de chez lui, parce que sa recherche commence sur son téléphone et non par une promenade dans le quartier.
Le collectionneur international représente un manque à gagner encore plus considérable. Un collectionneur coreeen, américain ou brésilien qui s'intéresse à l'art contemporain européen effectue ses recherches en ligne. S'il ne vous trouve pas, il trouvera une galerie comparable qui, elle, a fait l'effort d'être visible sur le web. Ce ne sont pas des scénarios théoriques. Ce sont des situations qui se produisent des centaines de fois par jour, pour chaque galerie absente du numérique. Chacune de ces non-rencontres est une vente potentielle qui ne se réalisera jamais.
03Le coût de l'invisibilité pour vos artistes
L'impact de l'invisibilité en ligne ne se limite pas aux finances de la galerie. Il affecte directement les artistes que vous représentez. Un artiste dont les œuvres ne sont visibles nulle part en ligne à une carrière limitée dans le marché actuel. Les curateurs, les journalistes, les critiques, les collectionneurs, les directeurs de foires : tous recherchent les artistes en ligne. Si l'œuvre de votre artiste n'est pas représentée sur la toile, elle est exclue de cet écosystème de découverte qui conditionne de plus en plus la carrière d'un artiste.
Les artistes le savent. De plus en plus d'entre eux choisissent leur galerie en fonction, entre autres critères, de sa capacité à leur offrir une visibilité en ligne. Un artiste qui expose dans une galerie sans aucune présence numérique voit son travail confine à la fréquentation physique de l'espace, qui représente une infime fraction de l'audience potentielle. Cet artiste finira par chercher une galerie qui lui offre cette visibilité supplémentaire. Perdre un artiste prometteur au profit d'un concurrent plus visible en ligne est un coût qui dépasse de loin celui d'un abonnement à une marketplace. C'est un appauvrissement du programme artistique de la galerie qui, a son tour, réduit son attractivité auprès des collectionneurs.
04La comparaison avec vos concurrents
Le marché des galeries d'art est concurrentiel. Dans chaque segment et chaque zone géographique, plusieurs galeries se disputent les mêmes collectionneurs. La galerie qui est visible en ligne bénéficie d'un avantage structurel sur celle qui ne l'est pas. Cet avantage n'est pas marginal : il est déterminant.
Prenez deux galeries comparables en termes de programme artistique, de qualité et de prix. L'une dispose d'une présence sur une marketplace spécialisée et met régulièrement à jour ses contenus en ligne. L'autre n'a aucune présence numérique significative. Le collectionneur qui recherche le type d'art qu'elles proposent toutes les deux trouvera la première et ignorera la seconde. Non par choix délibéré, mais parce que la seconde n'existe tout simplement pas dans son champ de vision. Dans un marché où la découverte passe de plus en plus par le numérique, ne pas y être équivaut à se rendre invisible volontairement.
Cet écart se creuse avec le temps. La galerie visible en ligne accumule des collectionneurs, construit sa réputation numérique, améliore son référencement. La galerie invisible stagne ou décline. Cinq ans de cet écart suffisent pour transformer deux galeries comparables en une galerie prospère et une galerie en difficulté. Le processus est lent mais inexorable, et plus il avance, plus il est difficile à inverser.
05Le vrai coût d'être en ligne versus ne pas y être
Decomposons le coût réel d'une présence en ligne structurée. La présence sur une marketplace spécialisée représente généralement un investissement modeste, sans commune mesure avec le coût d'un stand en foire ou d'un loyer mensuel dans un quartier d'art. Le temps consacré à la mise à jour des contenus, la photographie des oeuvres et la gestion des demandes en ligne représente quelques heures par semaine, un investissement de temps que tout galeriste peut intégrer dans son emploi du temps.
Comparons maintenant ce coût à celui de l'invisibilité. Un stand dans une foire régionale coûte entre 3 000 et 8 000 euros pour quatre jours de visibilité auprès d'un public géographiquement limite. Un stand dans une foire internationale coûte entre 20 000 et 50 000 euros tout compris, pour cinq jours. La présence en ligne offre une visibilité permanente, internationale, à un coût annuel inférieur à celui d'une seule participation à une foire de taille moyenne. En termes de rapport visibilité-coût, aucun autre canal ne s'en approche.
Le galeriste qui dit ne pas avoir les moyens d'être en ligne devrait se poser la question inverse : a-t-il les moyens de ne pas y être ? Quand on compare le coût modeste d'une présence sur une marketplace au manque à gagner d'une année entière d'invisibilité, la réponse s'impose d'elle-même.
06La spirale de l'invisibilité
L'absence en ligne n'est pas un état statique. C'est une spirale descendante. Moins de visibilité signifie moins de collectionneurs. Moins de collectionneurs signifie moins de ventes. Moins de ventes signifie moins de moyens pour investir dans le programme artistique. Un programme artistique moins ambitieux attire moins d'artistes de qualité. Des artistes moins attractifs attirent encore moins de collectionneurs. La boucle se referme, et chaque tour de boucle accélère le processus de détérioration.
Les galeries qui ferment ne ferment généralement pas du jour au lendemain. Elles s'affaiblissent progressivement sur plusieurs années. L'absence de présence en ligne est l'un des facteurs de cet affaiblissement, d'autant plus insidieux qu'il n'est pas immédiatement perceptible. Le galeriste ne voit pas les collectionneurs qu'il ne touche pas. Il ne mesure pas les ventes qu'il ne réalise pas. Il constate seulement, année après année, que la fréquentation stagne et que les ventes plafonnent, sans identifier la cause. Le jour où il comprend que l'invisibilité numérique était le facteur manquant de son équation, il a déjà perdu plusieurs années et l'écart avec ses concurrents est devenu difficile à combler.
07Le moment d'agir est maintenant
Chaque mois sans présence en ligne est un mois de retard supplémentaire sur les galeries concurrentes qui y sont déjà. Le référencement se construit dans le temps. L'audience se fidélise progressivement. La base de collectionneurs en ligne s'accumule au fil des mois. Plus la galerie attend, plus le coût de rattrapage sera élevé et plus l'avance de ses concurrents sera difficile à combler.
Le coût de l'inaction n'est pas nul. Il est élevé et il augmente chaque année. La galerie qui perçoit sa présence en ligne comme une dépense plutôt que comme un investissement commet une erreur d'analyse qui peut lui coûter son avenir. La question n'est pas de savoir si le numérique est compatible avec le métier de galeriste. Il l'est. La question est de savoir combien de temps encore votre galerie peut se permettre de rester invisible.
Artedusa a été conçu précisément pour les galeries qui souhaitent étendre leur visibilité sans compromettre leur positionnement. Rejoindre la plateforme, c'est accéder à une audience internationale de collectionneurs qualifiés tout en gardant le contrôle total sur sa programmation et ses prix. C'est mettre fin à l'invisibilité qui, silencieusement, coûte à la galerie bien plus que n'importe quel abonnement.
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